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Les violences sexuelles ont-elles un impact sur la sexualité?

  • Photo du rédacteur: Cendrine Vanderhoeven
    Cendrine Vanderhoeven
  • 25 août 2025
  • 4 min de lecture
  • Qu'entend-on par violence sexuelle ?


Il s'agit de tout acte sexuel, ou tentative pour obtenir un acte sexuel, commentaires ou avances de nature sexuelle, contre la volonté de la personne qui le subit.


Cet acte vise à assujettir une personne aux désirs de l’agresseur par un abus de pouvoir, par l’utilisation de la force, de la contrainte ou sous la menace, le tout de manière implicite ou explicite.


Grâce aux différents mouvements comme  #metoo, la parole des victimes quant aux violences sexuelles a pu commencer à se libérer.


Néanmoins, le silence le plus difficile à briser est celui des violences subies par un.e de ses proches. Alors que ces personnes sont les auteurs les plus fréquents de violence sexuelle : membres de la famille, partenaire, ex-partenaire, professeurs, amis, petits amis, copains, collègues, patron, …


Quand une relation de pouvoir existe déjà entre l’auteur et sa victime, ce qui est toujours le cas dans le cadre d’un abus sexuel sur un enfant, la manipulation, avec des mots ou non, est souvent utilisée par l’agresseur pour assurer le silence.


  • Les réactions de la victime face à la violence sexuelle


L’agression sexuelle est perçue par les systèmes d’alerte de notre cerveau comme inconcevable avec souvent une réaction de « non action ». La victime est pétrifiée.


C’est une réponse automatique mise en place quand l’événement est incompréhensible, à savoir qu'aucun sens ne peut s'y lier, et que la peur est telle que la sidération est la seule issue possible quand ni la fuite ni la bataille ne sont possibles.


Ce qui ne signifie absolument pas un consentement mais un réflexe de survie.


Cela peut aussi se doubler d’une dissociation; comme si le moment est irréel, la personne n'est pas dans son corps, ne ressent rien ni émotionnellement ni physiquement.


Tout ceci s’explique par des réactions de protection mise en place par le cerveau dont on n’a pas le contrôle. Mais qui sont souvent difficilement compréhensibles par la victime elle-même quand elle prend un peu de recul sur l'évènement.


  • Les émotions qui s'en suivent


La culpabilité s’insinue souvent chez la victime en se demandant si elle n’a pas fait quelque chose réveillant le désir de l’autre. Ou qu’elle n’aurait pas assez fait ou dit pour repousser l’agresseur.


Et puis la honte est tellement puissante qu’elle empêche bien souvent les victimes de faire des démarches pour se soigner et porter plainte.


  • L'impact sur le futur


Si les retentissements de violence sexuelle subies sur le bien-être sexuel, et la santé en général, ne sont pas automatiques grâce aux capacités de résilience de chacune, ils sont néanmoins fréquents.  


Certaines auront des impacts dans leur vie sexuelle avec des difficultés à se (re-)mettre en couple, se (re-)construire une confiance en soi, désirer une autre personne, à prendre du plaisir dans la sexualité ou des douleurs dans l’intimité.


D’autres auront des répercussions sur leur santé physique et/ou psychologique.


Néanmoins, les différents impacts de violence sexuelle ne s'arrêtent pas toujours aux frontières de ces différents champs de la santé.


N'oublions pas que l’être humain est un tout qui ne peut s’appréhender en pièces détachées mais à aborder plutôt comme un immense puzzle où les pièces s’imbriquent les unes dans les autres.



  • La Mémoire traumatique


Certaines victimes vont développer une Mémoire Traumatique de l'évènement subi. La spécificité de celle-ci est "une non digestion émotionnelle et sensorielle" de l'évènement.


Le cerveau n'a pas su placer cet ou ces évènement.s dans "l'espace" habituel des souvenirs, qui comporte toujours des bons et des mauvais.


Ainsi la mémoire de l'agression se réactive avec le sentiment de revivre l'agression à chaque stimuli qui pourrait faire lien avec l'agression ( un toucher, une voix, un ressenti, une odeur, un image, un souffle,...). Mais elle peut aussi s'immiscer durant le sommeil dans des cauchemars répétitifs en lien avec l'évènement traumatisant.


Dans la mémoire traumatique, le temps qui passe n'efface pas ce vécu en boucle même des années après. Alors qu'un mauvais, voire très mauvais ,souvenir placé dans le "bon espace" de la mémoire va perdre de son intensité avec le temps.


La victime se sent donc prisonnière de cette agression dans sa tête et/ou son corps avec la même intensité et le même effroi que lors de l'agression.


Les mémoires traumatiques vont être plus présentes quand les violences se sont déroulées à plusieurs reprises, dans l’enfance et avec un agresseur qui faisait partie de cercle de confiance.  


Certaines personnes n'ont plus de souvenirs ou de reviviscences des évènements traumatiques mais leur corps "parlent" par des douleurs ou des pathologies souvent chroniques qui est le moyen d'expression de la souffrance de l'agression.


  • Le soin de la Mémoire traumatique


Seul.e un.e professionnel.le formé.e à la Mémoire traumatique et en sexologie pourra reconnaitre une mémoire traumatique dans la sphère de l’intime et la soigner.


Des violences sexuelles pouvant aussi avoir des répercussions sur la santé physique, psychique, sociale, toutes peuvent être soignées.


Les prises en charge reconnues scientifiquement sont l’EMDR et l’hypnose mais il y a  aussi des approches qui donnent de très bons résultats en clinique comme l’Art thérapie, la réappropriation de son corps par une activité physique qui vous donne du plaisir et vous permet de vous reconnecter à vos sensations corporelles et la connaissance de Soi.


Néanmoins il est important de rappeler que toute personne ayant vécu des traumatismes sexuels n'aura pas pour autant une mémoire traumatique.


Et que chaque personne a une capacité de résilience qu'il ne faut ni oublier ni minimiser.


  • Conclusion


Si les agressions sexuelles peuvent avoir un impact sur la santé sexuelle, ce n'est pas automatique. D'autres causes peuvent expliquer un mal-être dans l'intimité.


L'important est de se rappeler que chacun.e a le droit à :

  • une autonomie corporelle, une assertivité sexuelle.

  • une libération, qui ne veut pas dire un oubli, des évènements du passé, et se sentir en bonne santé et épanouie dans sa vie intime !


N’hésitez pas à parler à un.e professionnel.le de santé en qui vous avez confiance, ou dont vous connaissez le parcours de formation, d’épisodes douloureux de votre passé ou de votre présent en lien avec votre vie sexuelle. Iels vous écouteront et vous aideront à trouver le bon chemin pour répondre à votre demande et vos besoins.


Vous êtes la première personne qui ouvrira votre chemin de libération de violences sexuelles subies.


Faites-vous confiance, vous êtes formidable at avez toutes les capacités pour dépasser ces traumatismes.


Très belle découverte de Vous,

 

Cendrine Vanderhoeven

Sexologue clinicienne, formatrice, conférencière,

Membre SSUB (Belgique) et AIUS (France) .

 

Oeuvre de Bénédicte Philippe, Belgium 
Oeuvre de Bénédicte Philippe, Belgium 

  

 
 
 

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